Sanjay Subrahmanyan & S. Varadarajan

Posté dans CARNATIC, ÉCOUTER, REGARDER par admin - Date : février 12th, 2013

J’ai reçu récemment une de ces notifications automatiques comme j’en reçois beaucoup, à l’occasion de la publication du clip ci-dessous.

La plupart du temps je n’ai guère le loisir de m’y intéresser de près et quand parfois j’essaye, mon attention s’échappe trop vite. Et d’autres fois, trop rares fois, il se passe un miracle.
Je crois qu’il n’y a rien à ajouter.

Puisse ce trop court extrait procurer à ceux qui l’écouteront le plaisir apaisant que j’ai ressenti.

Utsava Prabandham composition of Swati Tirunal
AndolikAvAhane – Anandabhairavi . Talam Misra Chapu
Sanjay Subrahmanyan en concert le 4 janvier 2013 à l’occasion du Swathi Sangeethotsavam à Thiruvananthapuram, accompagné au violon par S Varadarajan (excellent!), par S.J. Arjun Ganesh au Mrudangam, par Udupi Srikanth à la Khanjira et par S. Karthick au Ghatam.

On remarquera la qualité de la prise de son, qui me paraît non seulement bien supérieure à la moyenne des concerts carnatiques, mais semble caractéristique de ce festival (comme le confirment les autres vidéos du Swathi Sangeethotsavam à Thiruvananthapuram)

Random Post:
Rajan & Sajan Misra | Musée Branly | Paris | 5 juin

Posté dans divers par hansbosma - Date : juin 10th, 2010

Compte rendu de concert par Hans Bosma :

Rajan & Sajan Misra, chant | Shubankar Banerjee, tabla | Fida Hussain Khan, harmonium

C’était la première fois que je mettais les pieds dans la très belle salle du Musée Branly. Vue sur les jardins, belle visibilité, son correct. Le week-end indien était essentiellement consacré à Hariprasad Chaurasia avec concerts et master class.
J’ai préféré les frères Misra dont le dernier concert au Théâtre de la Ville m’avait laissé de bons souvenirs. Leur style est très différent des bandhus (duos) du passé : les Ali Brothers chantaient dans le style typique du Penjab : taans étincelants et brillants, Les frères Niaz et Faiyaz Ahmed Khan représentaient le style Kirana ancien, d’avant l’infuence d’Abdul Karim Khan. La particularité des Frères Misra est surtout la prépondérance de Rajan Misra, qui domine le duo de telle façon qu’il s’agit davantage d’un concert en solo avec ce que l’anglais appelle supporting musicians.
Le fait que l’accompagnement au tabla était assuré par Shubankar Banerjee (qui d’ailleurs reçut de Pt. Rajan Misra le sobriquet de « Pandit » , tout comme Fida Hussain Khan, joueur de harmonium que je n’avais pas encore vu en concert) m’avait un peu refroidi. Le style tabla assourdissant dans des solos sans fin ne me convient guère. Les ustads de la précédente génération savaient que l’accompagnement du chant demande autant de finesse que de la discrétion. Des interventions gênantes donc. Passons.

Les chanteurs était visiblement contents d’être là et la présence du grand joueur de pakhawaj Bhawani Shankar dans l’assistance rajoute sans doute à l’évidente volonté des musiciens de faire de leur mieux.
C’est logiquement Rajan Misra qui annonce le premier raga de la soirée : Sudh Kalyan. Un alap très court suivi d’un khayal vilambit : bolana lagi, composition traditionnelle qui est chanté par des chanteurs du gharana de Gwalior tels que Omkarnath Thakur et Kumar Ghandarva.

Rajan&Sajan Misra

Des meends très fins avec tivra ma et Ni très discrets (PR.SNDSPmG etc). Le vilambit est essentiellement tenu par Rajan Misra. Son frère Sajan est plus présent dans le drut tintal dont je n’ai pas reconnu la composition. Des saregamas et des taans d’une belle facture. L’accompagnement à l’harmonium est discret mais efficace. La troisième composition est annoncée comme very ancient. Il s’agit d’un sulpaka tala de dix temps « jane gune gune ». Je ne connais pas ce tala qui a une division bien différente du jhaptal. Des taans forts réussis des deux frères. Cette version de Sudh Kalyan est bien plus aboutie que celle que les deux frères ont enregistrée (avec des bandish différents) sur une cassette Venus il y a bien longtemps. C’est une très belle réussite ici.

Le deuxième raga est Jhinjoti. Une composition (karete laage) dans un drut rupak taal assez lent. La composition démarre sur le 5e temps et les taans entre le 9e et le 5e temps du cycle suivant, un effet très surprenant qui berce l’auditeur, tout à fait dans l’esprit du raga Jhinjoti. Suivent deux autres compositions en tintal que je n’ai pas retenues.

La dernière pièce annoncée était raga Sohini mais à l’entendre il m’a plutôt semblé qu’il s’agissait de Misra Kafi et un bhajan : Shri Ram kripa kero. J’ai l’impression d’avoir déjà entendu cela.
Un bis assez long dans le raga Basant Bahar suivi par Basant. Les organisateurs commençaient à s’impatienter car le concert ne devait durer qu’une heure et demi et nous étions dans la salle depuis déjà deux bonnes heures. Des taans très beaux pour clore le concert.
Dans le désert musical (la saison de musique hindustani à Paris a été particulièrement pauvre cette année) le concert des frères Misra était un des très rares réussites.

Un autre compte-rendu de concert par H.B. : Premkumar Mallik en concert au Théâtre des Abbesses à Paris (oct. 2009)

Ravi Shankar | Raga Kaushik Bhairav

Posté dans ÉCOUTER, HINDOUSTAN par admin - Date : février 11th, 2013

J’avais déjà cessé de laisser des billets ici depuis belle lurette quand on a appris la mort de Ravi Shankar. Comme je n’avais rien à dire à cette occasion, je n’ai rien dit.
Il est pompeux et condescendant d’affirmer ça, mais il me semblait que musicalement Ravi Shankar était mort depuis si longtemps.

Récemment, par hasard, mon attention a été attirée par la publication sur YouTube par mon vieil ami Raju aka vintageaudio54, un des meilleurs et plus généreux collectionneurs que je connaisse, d’un extrait d’un bel enregistrement effectué à Madras en 1971.
J’ai aussitôt souhaité le partager ici, en ultime salut au grand musicien disparu.
Un artiste de ce calibre ne meurt jamais.

L’écoute est d’autant plus poignante que l’enregistrement se termine brusquement au moment même où l’on voudrait que commence l’éternité.

Thank you Ravi-ji, thank you Raju.

Mise en scène de soi (mise en chaîne d’autrui)

Posté dans divers, Uncategorized par admin - Date : juin 12th, 2012

Excellente lecture sur le site le monde.fr sur l’utilisation des réseaux sociaux, illustrée par la manière dont procède Lady Gaga avec ses dix millions de fans : « Alors qu’au départ elle utilisait l’outil surtout pour annoncer des événements, elle a réussi avec virtuosité à fidéliser son public. Elle stimule sans cesse la ferveur de ceux qu’elle appelle ses « little monsters« . Elle reconnaît les tatouages en son honneur en en diffusant les photos. Elle encourage la pratique du camping, devant les salles de concert, la veille des sorties d’album, en désignant explicitement ces fans comme les plus dévoués. Elle ne laisse jamais la communauté plus de quelques jours sans nouvelles, diffusant à toutes heures, une remarque, une photo, une anecdote, générant ainsi une « présence virtuelle » permanente à leurs côtés. Ses messages promotionnels, réguliers, sont noyés dans ses déclarations d’amour et ses confidences. [...] C’est l’intensité de la relation qui compte. De professionnels de la musique, ils deviennent des « amis médiatiques ».
Je recommande vivement la lecture intégrale de cet article de Jean-Philippe Galan, chercheur au Centre de recherche en management de Toulouse.
Voilà de quoi cogiter pour des gens qui comme moi tiennent depuis trente ans la TV pour une Méduse redoutable et se trouvent maintenant face à cette nouvelle hydre autrement plus insatiable.

Deepsankar Bhattacharya présente le Jhafferkhani Baj à Bruxelles

Posté dans HINDOUSTAN par admin - Date : mai 21st, 2012

Je voudrais recommander un concert de sitar donné par Deepsankar Bhattacharya à  Bruxelles, dimanche 27 mai à l’Art Base.

Ce jeune homme talentueux est le représentant d’un style de sitar original, élaboré par Abdul Halim Jaffer Khan, et que tout amateur de sitar devrait apprécier pour sa richesse.
Il sera accompagné au tabla par Gopal Prasad Das.

Art Base, Sunday 27/5/12 19h, 12,50E ( reduced 7E), 29 rue des Sables | Zandstraat,
1000 Bruxelles

Je ne suis pour rien dans l’organisation de ce concert auquel je ne pourrai d’ailleurs pas assister, bien à regret.
Pour mémoire : j’avais déjà attiré l’attention sur lui en 2009, à l’occasion d’un concert à Flagey

Gilberte | 12 septembre 1928 | 16 mai 2012

Posté dans REGARDER, Uncategorized par admin - Date : mai 16th, 2012

Plus ne suis ce que j’ai été
Et plus ne saurai jamais l’être
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre

Cochise

Posté dans REGARDER par kerbacho - Date : avril 29th, 2012

Je suis très touché de trouver Broken Arrow ici. Ce sont de nombreux et très vieux souvenirs qui remontent, car au tout début des années 1960, c’était devenu une série télévisée que nous allions voir, le jeudi après-midi (qui était alors ce qu’est aujourd’hui le mercredi après-midi pour les écoliers), chez les rares voisins qui dans notre village avaient la TV.

Cochise - Broken Arrow
Cela s’appelait « La flèche brisée » et ces films faisaient beucoup d’effet au gamin que j’étais. Je me souviens de la situation très particulière (et très absurde) qui faisait que nous fermions les volets alors qu’il faisait jour et même très beau temps dehors, afin de faire le noir dans la pièce, sans quoi l’image en n/b sur le petit téléviseur aurait été trop pâle. C’était le début de la Grande Suceuse qu’allait devenir la télévision. Je me souviens, entre autres, de ma mauvaise conscience (déja !) de me me soumettre à elle et de céder à sa séduction.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y jamais eu dans mon esprit le moindre lien (conscient) entre ces Indiens-là et ceux à la musique desquels je m’intéresserais une dizaine d’années plus tard.

Merci Vincent.

Concerts de bansuri et de shehnai par Rajendra Prasanna

Posté dans ÉCOUTER, HINDOUSTAN, REGARDER par kerbacho - Date : avril 7th, 2012

Tandis que la lumière reste éteinte sur plusieurs des scènes européennes où se donnaient des musiques de l’Inde, voici une nouvelle éblouissante et réjouissante : la venue du joueur de flûte ET de shehnai Rajendra Prasanna, issu d’une lignée de grands musiciens de Delhi.
En Inde, compte tenu du format traditionnel des récitals au cours des festivals, un musicien ne se produit en principe jamais avec les deux instruments durant le même concert ; il adoptera un instrument pour tout le concert, puis l’autre instrument pour le concert de l’année d’après. Pour cette petite tournée belgo-néerlandaise (maintenue grâce à la ténacité de quelques organisateurs), l’artiste a accepté de faire une exception. Il jouera des deux.

Comme les concerts de shehnai se sont fait rares ces 20 dernières années, et que la perspective qu’il y en ait d’autres bientôt s’amenuisent, les amateurs seront bien inspirés de ne pas rater cette occasion.

Il me plaît de souligner que si l’initiateur de la dernière tournée connue de moi d’un joueur de shehnai en Belgique, Ali Ahmed Khan, était du tabliste Sandip Banerjee, cette fois-ci c’est encore par l’entremise et la complicité de Sandip que le contact a pu être établi pour organiser cette tournée, car il aime accompagner cet instrument propitiatoire.

Pt. Rajendra Prasanna – Flute & Shehnai
Rishab Prasanna – Flute & Shehnai
Vikas Babu – Shehnai
Sandeep Banerjee – Tabla

Maasmechelen (Belgique) – Schouwburg Cultureel Centrum – 18 apr. 8:15PM

Amsterdam (Pays-Bas) – Tropentheater 20 apr. 8:00 PM

Antwerpen (Belgique) – Zuiderpershuis 21 apr. 8:30PM

Venez nombreux, amenez vos amis, vos ennemis, vos enfants, vos parents, ça ne se reproduira pas de si tôt !

Google nous subjugue : making money while other people sleep

Posté dans divers, MOTS par kerbacho - Date : avril 1st, 2012
Je savais que Google lit et analyse les messages dans Gmail pour placer des publicités ciblées dans le champ visuel de l’utilisateur.
Je m’y étais fait et j’avais un peu oublié tout ça au fil des années. On finit par les trouver normales, toutes ces pubs et on croit même ne plus les voir.
Voici que ce matin, au moment d’envoyer depuis mon compte gmail un message (dépourvu de pièce jointe) sur des règles de typographie des noms propres dans lequel apparaissent les mots « sont joints », voici que Google Mail m’interroge en affichant le message suivant : «Aviez-vous l’intention de joindre des fichiers ? Vous avez écrit « sont joints » dans votre message, mais aucun fichier ne lui est joint. Voulez-vous envoyer le message ? »
Gmail lit notre courrier

Gmail lit notre courrier pour mieux nous ser...

J’en reste comme deux ronds de flan. La voici donc, sous des dehors de serviabilité, la main de fer dans un gant de velours. Et je me laisse faire, je me laisse serrer. Je ne peux pas m’empêcher de faire le rapprochement avec le film The Servant de Joseph Losey (scénario de Harold Pinter dont j’ai récemment apprécié la pièce Betrayal (1978)).
M.M. Wops

Tout ceci n'est donc qu'un rêve ?

Comme le résume fort bien Charles Reece :
The traumatic theme of The Servant is that subjugation of the will doesn’t always occur from the outside (the rednecks, the past, the upper class), but it’s constitutive of modern society, regardless of particular identifications. Idenitity politics couldn’t exist without it. As the saying goes, « shit rolls down hills. »

PS1 : il existe toujours au registre de commerce de la ville de Dendermonde, en Belgique, une société du nom de M.M. Wops (pour makink money while other people sleep, mêlée à des malversations à grande échelle à la fin du siècle dernier.
PS2 : Subjuguer : du latin subjugare « faire passer sous le joug; soumettre, réduire »
PS3 : Dans la pièce de H. Pinter, j’ai été sensible surtout à l’inversion de la chronologie de la narration.

Modestie

Posté dans ÉCOUTER, HINDOUSTAN par kerbacho - Date : mars 31st, 2012

Les joueurs de tabla ne sont pas toujours des modèles de modestie ni de discrétion. Quand ils le sont, c’est un plaisir si grand qu’il ne faudrait jamais manquer de le mentionner expressément. En voici un exemple parfait: Zakir Hussain rentre sur la pointe des pieds à 4’30.

Niladri Kumar, le sitariste, n’est pas mal non plus… quand il laisse à d’autres la fusion et les sitars électriques.
La prise de vue est si irritante qu’il vaut mieux couper l’image. On n’est pas obligé de regarder, on n’écoutera que mieux.

D’ailleurs, la prise de son est particulière. Hormis le fait que l’on entend ici le signal enregistré par le micro du caméscope depuis la salle, avec beaucoup de bruit de fond (et même des sirènes !) et un effet de pompage dû à la compression automatique du caméscope, il n’est pas inintéressant de remarquer que le sitar n’est pas amplifié par un microphone sur pied placé comme d’habitude à une quinzaine de centimètres de l’instrument, mais par un microphone de proximité, accroché peut-être au chevalet de l’instrument (on distingue une tache claire près du pied inférieur du chevalet. Je doute que ce soit un micro de contact, car on entendrait davantage les attaques du mizrab contre les cordes).

La faible résolution de l’image ne permet pas d’en dire beaucoup plus. À l’oreille, on se rend bien compte que l’on n’est pas très loin du sitar électrique. Le son de l’instrument acoustique est comme grossi à la loupe. Ce n’est pas désagréable, séduisant même, mais je me demande dans quelle mesure cet « effet », car c’en est un, au même titre que la réverbération dont on use et abuse dans les prises de son, ne masque pas quelque chose.

À titre de comparaison, les notes tenues de Nikhil Banerjee, amplifiées par un microphone ordinaire, paraissent bien courtes, et quand arrivent ses meends à la fin des longues tenues, ils n’ont plus la puissance artificiellement musclée par l’électricité de l’ornementation de Niladri Kumar.
Les meends de N.B. n’en sont heureusement pas moins beaux, leur dosage, leur contour, leur subtilité et leur justesse n’en sont pas moins parfaits.

Et en plus, on a chez N.B. la magie du chant des tarafs, ce choeur de cordes de résonance si propre au sitar, qui se met à chanter précisément quand s’éteint la résonance de la note principale jouée sur une corde (grave). Par exemple vers 1mn26, puis vers 1min47 et suivantes. Cruellement absent du jeu de Niladri Kumar, ce halo d’harmoniques, qui se superposent discrètement à la mélodie, donne chez N.B. une épaisseur onctueuse aux délinéaments du raga.
Ce qui tendrait à confirmer mon intuition selon laquelle toute innovation se traduit aussi par la perte d’un acquis.

Petits soldats boostés

Posté dans divers, ÉCOUTER, REGARDER par kerbacho - Date : mars 27th, 2012

Pour cause de très malencontreux changement de site et du mode de codage (iframe), il semble qu’il n’est plus possible d’intégrer ici des extraits du site Arte Radio, il faut donc suivre ce lien pour écouter.

Parmi les nombreux points remarquables de ce double témoignage croisé, je suis surpris par l’usage qui y est fait du mot « boosté ».

Que peut bien vouloir signifier ce mot dans la bouche d’une mère, plus précisément la mère d’un soldat.

En pensant « comme le français qu’on parle est devenu moche » je me suis souvenu de cet article intitulé Comment la France est devenue moche. Ça va ensemble.